Une pension alimentaire fixée mais non versée n’est pas une fatalité. Le droit offre aujourd’hui un arsenal efficace, encore trop méconnu.

L’intermédiation financière, le réflexe de base

Le versement de la pension par l’intermédiaire de l’organisme débiteur des prestations familiales (la CAF, via l’ARIPA) est aujourd’hui mis en place par principe lorsque la pension est fixée par un juge, une convention de divorce ou un acte notarié, sauf refus des deux parents (article 373-2-2 du code civil). Concrètement, le parent débiteur paie la CAF, qui reverse au parent créancier : en cas d’impayé, c’est l’organisme qui engage le recouvrement. Cette intermédiation ne peut pas être écartée en cas de violences ou de menaces établies.

Le paiement direct, dès le premier impayé

Dès qu’une seule échéance n’a pas été payée à son terme, le parent créancier peut, par l’intermédiaire d’un commissaire de justice, se faire payer directement entre les mains de l’employeur ou de la banque du débiteur (article L. 213-1 du code des procédures civiles d’exécution). C’est une procédure rapide, dont le coût est à la charge du débiteur.

Le volet pénal : l’abandon de famille

Rester plus de deux mois sans s’acquitter intégralement d’une pension fixée par un titre exécutoire constitue le délit d’abandon de famille, puni de deux ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (article 227-3 du code pénal). Le dépôt de plainte crée souvent un levier décisif.

Ce qu’il faut retenir

N’attendez pas que la dette s’accumule : plus les impayés sont anciens, plus le recouvrement est difficile. Intermédiation CAF, paiement direct, saisies, plainte pénale : le choix de l’outil dépend de la situation du débiteur, et les recours peuvent se cumuler.

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